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Littérature Allemande

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Littérature Allemande

Message par Anarkyss le Lun 6 Mar - 14:38:10

En cours.
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Re: Littérature Allemande

Message par Invité le Lun 6 Mar - 14:41:02

Oh !!!

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Re: Littérature Allemande

Message par Invité le Lun 6 Mar - 15:04:31



https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Musil


L'homme sans qualités



On aime quelqu'un en dépit de tout ou à cause de rien; ou bien le tout est une imagination, ou bien cette imagination est un tout comme en est un ce monde où il n'est pas un passereau qui tombe du toit à l'insu de celui qui voit tout.


Nous portons notre peau de bête avec les poils à l'intérieur et nous ne pouvons pas l'arracher.



Il est absolument intolérable de ne pouvoir participer réellement à l'être qu'on aime, et c'est aussi absolument simple. Le monde est ainsi fait.


Ce qui distingue un homme sain d'un aliéné, c'est précisément que l'homme sain a toutes les maladies mentales, et que l'aliéné n'en a qu'une!


L'esprit sait que la beauté rend bon, mauvais, bête ou séduisant. Il dissèque un mouton et un pénitent, et trouve dans l'un et l'autre humilité et patience. Il analyse une substance et constate que, prise en grandes quantités, elle devient un poison, en petites doses, un excitant. [...] Il mélange, il dissout, il recompose différemment. Pour lui, le bien et le mal, le haut et le bas ne sont pas comme pour le sceptique des notions relatives, mais les termes d'une fonction, des valeurs qui dépendent du contexte dans lequel elles se trouvent. Les siècles lui ont enseigné que les vices peuvent devenir des vertus, et réciproquement ; il tient pour pure maladresse que l'on ne réussisse pas encore, dans le temps d'une vie, à récupérer un criminel. Il n'admet rien de licite ou d'illicite, parce que toute chose peut avoir une qualité qui la fera participer un jour à un nouveau grand système. Il hait secrètement comme la mort tout ce qui feint d'être immuable, les grands idéaux, les grandes lois, et leur petite copie pétrifiée, l'homme satisfait. Il n'est rien qu'il considère comme ferme, aucune personne, aucun ordre ; parce que nos connaissances peuvent se modifier chaque jour, il ne croit à aucune liaison, et chaque chose ne garde sa valeur que jusqu'au prochain acte de la création, comme un visage auquel on parle et qui s'altère avec les mots.
L'esprit est donc opportuniste par excellence, mais on ne peut le saisir nulle part, et l'on serait tenté de croire qu'il ne demeure de son action que décadence.



Walter poursuivait à voix basse : "Tu as raison de dire qu'aujourd'hui, plus rien n'est précieux, raisonnable ou seulement intelligible ; pourquoi ne veux-tu pas comprendre que la faute en est précisément à cette rationalité croissante qui empoisonne tout? Dans tous les cerveaux s'est installé le désir d'être de plus en plus raisonnable, de rationaliser et de spécialiser toujours davantage notre vie, en même que l'impuissance à imaginer ce qu'il adviendra de nous lorsque nous aurons tout expliqué, analysé, standardisé, normalisé, tout transformé en machines. Cela ne peut continuer."


Le cours de sa vie n'était qu'un enchainement d'événements bouleversants d'où ressortait la lutte héroïque d'une âme résistant à toute médiocrité, sans jamais deviner qu'elle servait ainsi sa propre médiocrité. Car, tandis que qu'il luttait et souffrait pour sauvegarder la pureté de son activité intellectuelle, ainsi qu'il convient au génie, et payait le prix fort pour un talent qui ne créerait jamais rien de vraiment grand, son destin l'avait tranquillement ramené à son point de départ, c'est-à-dire à rien.


Qu'est-ce donc que nos actes, sinon une terreur nerveuse de n'être rien : à commencer par les divertissements qui n'en sont pas, qui ne sont que du vacarme, un caquetage encourageant pour tuer le temps parce qu'une obscure certitude nous dit qu'il finira par nous tuer, pour aboutir aux inventions enchérissant l'une sur l'autre, aux absurdes montagnes d'argent qui tuent l'esprit (qu'on soit écrasé ou porté par elles), aux modes anxieusement changeantes de l'esprit, aux vêtements sans cesse modifiés, au meurtre, à l'assassinat, à la guerre, en quoi se décharge une profonde méfiance à l'égard de ce qui dure et du créé ; qu'est-ce tout cela, sinon l'agitation d'un homme empêtré jusqu'au genou dans une tombe dont il essaie de se dégager mais à laquelle il n'échappera jamais, d'un être qui ne se dérobe jamais au néant, qui, se précipitant avec angoisse dans toutes sortes de figures, n'en demeure pas moins, en quelque point secret de lui-même à peine deviné, caducité et néant ?


[Ulrich] n'était pas philosophe. Les philosophes sont des violents qui, faute d'armée à leur disposition, se soumettent le monde en l'enfermant dans un système. Probablement est-ce aussi la raison pour laquelle les époques de tyrannie ont vu naître de grandes figures philosophiques, alors que les époques de démocratie et de civilisation avancée ne réussissent pas à produire une seule philosophie convaincante, du moins dans la mesure où l'on en peut juger par les regrets que l'on entend communément exprimer sur ce point.



Il croyait voir toutes choses autrement que les autres ; les autres passaient indifférents devant des choses qui le frappaient, et là où d'autres avec indifférence mettaient la main sur un objet, le seul mouvement de son propre bras lui semblait déjà lourd d'aventures spirituelles ou d'une paralysie amoureuse d'elle-même. Il était sensible, et son âme, toujours émue de rêveries, était pleine de dépressions, de montagnes et de vallées ondoyantes ; il n'était jamais indifférent, mais, voyant en chaque chose un bonheur ou un malheur, il avait sans cesse l'occasion de faire travailler son esprit.


Dieu sait, on l'a dit, ce que peut bien être une âme ! Il ne peut subsister aucun doute sur le fait que le désir ardent de n'écouter qu'elle vous laisse toute latitude d'agir, entraîne une véritable anarchie, et l'histoire ne manque pas d'exemples où des âmes pour ainsi dire chimiquement pures commettent de véritables crimes. En revanche, aussitôt qu'une âme a une morale, une religion ou une philosophie, une culture bourgeoise approfondie et des idéaux dans le domaine du devoir ou du beau, elle se voit gratifiée de tout un système de prescriptions, de conditions, de règlements auquel elle doit se soumettre avant même de pouvoir penser à être une âme supérieure, et son ardeur, comme celle d'un haut-fourneau, se voit canalisée dans de beaux moules en sable. Il ne reste plus alors, au fond, que des problèmes d'interprétation logique, comme de savoir si une action tombe sous le coup de tel ou tel commandement ; l'âme offre le caractère sereinement panoramique d'un champ de bataille après la bataille ; les morts se tiennent tranquilles, de sorte qu'on peut immédiatement remarquer où un reste de vie se redresse, ou gémit. C'est pourquoi l'homme accomplit cette transition aussi vite que possible. Quand quelque doute sur sa foi, comme il arrive dans la jeunesse, le tourmente, il passe aussitôt à la persécution des incroyants ; quand l'amour le gêne, il le transforme en mariage ; et quand un autre enthousiasme, quel qu'il soit, s'empare de lui, il se soustrait à l'impossibilité de vivre longtemps *dans* son feu, en commençant à vivre *pour* son feu. C'est-à-dire qu'il remplit les nombreux moments de sa journée, dont chacun a besoin d'un contenu et d'une impulsion, non plus de son état idéal lui-même, mais de l'activité qui doit lui faire conquérir cet état, autrement dit, des innombrables moyens, obstacles et incidents qui lui garantissent qu'il n'aura jamais besoin d'atteindre son but. Il n'y a que les fous, les dérangés, les gens à idées fixes qui puissent persévérer longtemps dans le feu de l'âme en extase ; l'homme sain doit se contenter d'expliquer que la vie, sans une parcelle de ce feu mystérieux, ne lui paraîtrait pas digne d'être vécue.


Tu as été vaincu et finalement tu te rendras sans vergogne. Tu as maintenant trente ans, à quarante on est liquidé. A cinquante on trouve la vie satisfaisante, on a tous les tourments derrière soi. Seuls réussissent ceux qui rampent et qui s'adaptent. Voilà toute la sagesse de la vie ! La meilleure part est pour ceux qui sont vaincus ! Et rien n'est pire que la solitude.


Au fond, il en est peu qui sachent encore, dans le milieu de leur vie, comment ils ont bien pu en arriver à ce qu'ils sont, à leurs distractions, leur conception du monde, leur femme, leur caractère, leur profession et leurs succès ; mais ils ont le sentiment de n'y plus pouvoir changer grand-chose. On pourrait même prétendre qu'ils ont été trompés, car on n'arrive jamais à trouver une raison suffisante pour que les choses aient tourné comme elles l'ont fait ; elles auraient aussi bien pu tourner autrement ; les évènements n'ont été que rarement l'émanation des hommes, la plupart du temps ils ont dépendu de toutes sortes de circonstances, de l'humeur, de la vie, et de la mort d'autres hommes, ils leur sont simplement tombés dessus à un moment donné. Dans leur jeunesse, la vie était encore devant eux comme un matin inépuisable, de toutes parts débordant de possibilités et de vide, et à midi déjà voici quelque chose devant vous qui est en droit d'être désormais votre vie, et c'est aussi surprenant que le jour où un homme est assis là tout à coup, avec qui l'on a correspondu pendant vingt ans sans le connaître, et qu'on s'était figuré tout différent.
Mais le plus étrange est encore que la plupart des hommes ne s'en aperçoivent pas ; ils adoptent l'homme qui est venu à eux, dont la vie s'est acclimatée en eux, les évènements de sa vie leur semblent désormais l'expression de leurs qualités, son destin est leur mérite ou leur malchance. Il leur est arrivé ce qui arrive aux mouches avec le papier tue-mouches : quelque chose s'est accroché à eux, ici agrippant un poil, là entravant leurs mouvements, quelque chose les a lentement emmaillotés jusqu'à ce qu'ils soient ensevelis dans une housse épaisse qui ne correspond plus que de très loin à leur forme primitive. dès lors, ils ne pensent plus qu'obscurément à cette jeunesse où il y avait en eux une force de résistance : cette autre force qui tiraille et siffle, qui ne veut pas rester en place et déclenche une tempête de tentatives d'évasions sans but ; l'esprit moqueur de la jeunesse, son refus de l'ordre établi, sa disponibilité à toute espèce d'héroïsme, au sacrifice comme au crime, son ardente gravité et son inconstance, tout cela n'est que tentative d'évasion.





J'avais plein d'extrait recopiés de mes gros petits doigts tapotant le clavier, infiniment plus légers et profonds et spleenant que ceux plus haut, puisque choisis par moi, bah ouais quoi, postés sur Facebook, mais mon compte Facebook a été piraté par les russes, je l'ai récupéré un temps mais c'est fini, ah là là chaque jour j'appréhende la venue du SVR/FSB et mon assassinat.

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Re: Littérature Allemande

Message par Invité le Lun 6 Mar - 15:18:49

Je croyais que je n'aimais pas les auteurs allemands.
Y'en a peut-être des biens finalement. scratch

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Re: Littérature Allemande

Message par Anarkyss le Lun 6 Mar - 15:21:49

Merci trait d'union j'utiliserais tout ça.

Il faut que tu ai un véhicule et des vivres à l’intérieur, demande à Gone je lui ai expliqué.
Si problème je pourrais t’héberger un temps. on logement n'est pas déclaré, ils mettront du temps !
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Re: Littérature Allemande

Message par Invité le Lun 6 Mar - 15:24:07

Bon il est autrichien mais pareil au même nan ?

Littérature allemande est dans littérature russe, qu'est-ce ?

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Re: Littérature Allemande

Message par Anarkyss le Lun 6 Mar - 15:24:17

Kafka, Hermann Hesse, Goethe etc.. Gone !


Dernière édition par Bientôt chef d'orchestre le Lun 6 Mar - 15:25:40, édité 1 fois
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Re: Littérature Allemande

Message par Anarkyss le Lun 6 Mar - 15:25:03

----- a écrit:Bon il est autrichien mais pareil au même nan ?

Littérature allemande est dans littérature russe, qu'est-ce ?

L'admin va changer l'intitulé du salon.
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